Depuis mes débuts en tant que photographe professionnel, j’ai toujours eu cette envie d’apprendre, de progresser, d’aller plus loin. La photographie, ce n’est pas juste un métier : c’est une passion parfois dévorante, qui vous prend aux tripes comme une obsession, vous plongeant dans la quête perpétuelle d’amélioration, d’évolution. Un équilibre instable entre technique, émotion et créativité. Les aspects commerciaux des travaux de commande pèsent aussi sur ces choix, ces directions que l’on prend et sur l’équilibre entre la créativité pure et l’obligation de résultat

Le congrès FFPMI 2025 se déroulait à Toulon

Récemment, plusieurs événements ont marqué mon parcours et m’ont poussé à réfléchir à ma vision du métier. Entre formations, distinctions et remises en question, voici où j’en suis aujourd’hui.

Apprendre, toujours.

Dans un monde où l’image est omniprésente, être photographe ne se limite pas à appuyer sur un bouton. La lumière, la composition, la direction du modèle… tout cela évolue en permanence. Pour pour rester dans la course, car il s’agit en fait d’un marathon, il faut continuer à se former, à échanger avec ses pairs, à remettre en question ses acquis. C’est dans cet esprit que j’ai participé au congrès FFPMi à Toulon, un événement dédié aux photographes professionnels. Trois jours d’échanges, de conférences et de rencontres avec plus de 700 confrères venant de toute la France, qui permettent d’affiner son regard et d’améliorer son savoir-faire. Un bain d’inspiration, qui rappelle que même après des années d’expérience, on peut toujours progresser.

FFPMI: un congrès pour progresser et échanger

Participer à un congrès comme celui de la FFPMi, ce n’est pas juste assister à des conférences. C’est aussi faire partie d’une dynamique professionnelle, rencontrer des confrères, échanger des idées, partager des expériences. C’est un rappel que la photographie est un métier d’échange : on ne travaille pas en vase clos, on apprend des autres, on s’inspire, on repousse ses limites. Ce genre d’événement permet aussi de se remettre en question et de voir son métier sous un autre angle. J’ai été étonné, séduit, enthousiasmé par la créativité et le niveau technique de mes confrères. On vrai shoot d’inspiration, une bonne remise en question aussi !

Portraitiste de France : une reconnaissance exigeante

Le titre de Portraitiste de France, que j’ai obtenu en 2021, est une distinction qui valorise les photographes maîtrisant l’art du portrait. Cette année, j’ai retenté ma chance… et échoué de justesse. Pourquoi ? Une photo mal choisie, notée éliminatoire. J’ai sélectionné cette image en me basant sur mon ressenti lors de la séance – une lumière que j’ai trouvée cinématographique, magnifique, dans une abbaye en ruines – mais sans prendre en compte tous les critères techniques du concours. Et ce genre d’erreur ne pardonne pas sur un concours d’un tel niveau. J’ai aussi fait quelques autres erreurs sur les douze photos proposées… bref, il manque 0,6 point à ma moyenne pour figurer parmi les lauréats. Frustrant, bien sûr, mais aussi instructif. J’ai discuté avec les juges, analysé mon dossier, et j’ai compris ce qui m’avait manqué. C’est d’ailleurs une constante chez moi : l’émotion prend souvent le dessus sur l’analyse technique… et c’est peut-être aussi ce qui fait ma force en tant que portraitiste ?

Voici les images que j’ai proposées dans ce concours. Je vous laisse trouver celle que je n’aurais pas du envoyer ? 😉

Un savoir-faire reconnu : l’obtention du titre d’Artisan d’Art décerné par la CMA Grand Est

Juste avant ce congrès, j’ai eu l’honneur d’obtenir le titre d’Artisan d’Art – Photographe Technicien, décerné par la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Cette reconnaissance met en avant le travail des artisans qui possèdent un véritable savoir-faire technique et artistique. Pour moi, c’est une belle validation de mon engagement dans ce métier : proposer des portraits et des supports de qualité supérieure, avec une maîtrise des techniques les plus poussées, pour permettre à mes clients de garder leurs photographies de longues années et même de les transmettre à leurs descendants. Les photos de famille font partie du patrimoine de celle-ci. J’ai lu que les habitants de Floride ont dans leur « emergency box », avec les diverses choses qu’ils veulent emmener au cas où ils devraient quitter leur maison en urgence à cause des incendies, leurs photos de famille. Le tirage papier de qualité, l’album photo ont de beaux jours devant eux. 

Recentrer mon travail sur la créativité

Si ce parcours récent m’a appris quelque chose, c’est que la performance ne doit pas étouffer la passion. Ces dernières années, la nécessité de faire tourner mon entreprise m’a parfois poussé à mettre la créativité au second plan, derrière les impératifs financiers et la satisfaction client. Mais ce congrès m’a fait prendre conscience d’une chose essentielle : je veux redonner à la créativité la place qu’elle mérite dans mon travail. Je ne sais pas encore exactement comment, mais la réflexion est en cours…

En tout cas, mon objectif est clair pour 2027 : décrocher à nouveau le titre de Portraitiste de France, mais cette fois avec la mention Excellence. Et pour cela, je vais travailler, expérimenter, me faire davantage confiance et me libérer des attentes trop formatées.